Salade de fruits
Mon Assiette
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2013-01-10
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2012-11-19
Ce week-end, nous avons fait une forêt noire.
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2012-10-25
Voici le petit carnet.
Nous avons acheté le petit carnet pour y noter toutes nos idées et toutes les choses que nous avions envie de faire, mais que l’on ne peut pas encore faire, par manque temps ou d’argent. Cela va d’un road-trip de Vancouver à Los Angeles à l’envie de manger un fish & chips. Pour ne pas oublier.
Puis, peu à peu, le petit carnet est devenu un peu plus qu’un pense-bête. Il est devenu le journal de notre couple. On y écrit chacun à notre convenance. On y parle de nos envies, de nous, de l’autre. Il est le recueil non-exhaustif de notre quotidien, d’instants qui seraient oubliés.
Quand je l’ouvre, je ressens toujours un petit frisson, tout comme lorsque je le regarde écrire.
<3
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2012-07-19
L’histoire de ma vie
”- Et le chèque d’Aggie, tu l’as reçu ?
- Bien sûr, répondis-je en jetant un regard coupable vers la pile des paquets.
- Combien ?
- 500 dollars.
- Mince alors ! Tu as intérêt à les mettre tout de suite en banque. Si tu lui rends son propre chèque, elle comprendra que tu avais l’intention de plaquer ton job dès le départ.
- En fait, ce n’est pas un chèque”, fis-je, tout en commençant à me dire que s’il était sympathique d’avoir de nouveau du scotch à la maison, du Ballantine aurait fait l’affaire autant que du Pinch. Dans le même ordre d’idées, deux bouteilles d’un litre auraient dû me suffire à passer les fêtes sans encombre.
“Elle a envoyé du liquide ?
- Oui.
- Écoute Philip, ne prends pas ça mal mais je pense que tu ferais mieux de me le remettre. Tu sais bien que tu es un panier percé ! Si tu gardes tout cet argent sur toi une semaine avant Noël, tu vas être tenté de le dépenser. Ce serait une énorme bêtise, et tu le sais très bien. Tu sais aussi que cette somme sera en sécurité si tu me la confies. Alors, je t’en prie. C’est pour ton bien.
- Cela m’ennuie… vraiment.
- Bon, soupira Claire. Combien te reste-t-il ?
- Je ne sais pas au juste, attends une seconde…
Je sortis mon portefeuille et la surprise me coupa le souffle. J’avais dû être le jouet d’une suggestion subliminale m’enjoignant de dépenser sans compter.
“…62 dollars !
- Tu plaisantes ! Par pitié dis-moi que tu plaisantes !
- Écoute, je vais rembourser. Je mettrai un peu d’argent de côté toutes les semaines…
- Tu n’as jamais pu mettre d’argent de côté ! Tu iras au théâtre, au restaurant, tu achèteras des alcools ruineux, et le jour où tu voudras quitter ton job tu ne pourras pas empêcher cette mante religieuse de penser que tu l’as prise pour une poire. Tu seras obligé de garder ta place pour au moins six mois encore, sauf si quelqu’un te colle une balle dans la tête, et franchement ce ne serait pas une mauvaise idée.
- Merci bien. Joyeux Noël !
- J’essaie de te sauver la vie, andouille !
- je peux très bien me sauver tout seul !”
Son commentaire fut aussi interminable que péremptoire, mais faute de place je ne puis l’inclure dans ce récit. Je me contenterai de dire que les six livres de café, les moutardes, huiles et vinaigres aromatisés, les fromages, le saumon d’Écosse, les baguettes, les chocolats, les quatre coffrets de disques rares, les flûtes à champagnes, les cartes de voeux, les quatre romans reliés, les six pièces de théâtre, les deux biographies de stars de cinéma, la cartouche de Merits, les guirlandes lumineuses, les trois bouteilles de Pinch, les quatre magnums de champagne, et même le calendrier illustré des culturistes de Provincetown, avaient perdu tout attrait à mes yeux.
Tandis que je rangeais tristement les denrées périssables dans le frigidaire, il me vint à l’esprit qu’avec seulement la moitié de cet argent j’aurais pu m’acheter une bonne machine à écrire. Cela me plongea dans un abîme de morosité au fond duquel je gisais toujours lorsque Gilbert téléphona. Il semblait encore plus déprimé que moi.”
Joe Keenan, Un mariage à la mode
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2012-07-17
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2012-07-14
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2012-04-30
Je crois que je vais mettre mon compte Twitter en sommeil.
Je n’ai plus envie de trouver les bons mots, la bonne formule pour parler de ma vie. En fait, c’est précisément parce que je trouve que ma vie, ces derniers temps, n’a besoin d’aucun truchement pour qu’elle me paraisse belle.
Je me sens bien. Avec mes amis, ma famille.
Je me sens bien chez moi, et il aura fallu du temps, pour le trouver, cet appartement.
Je me sens bien avec mon mec, ça paraît simple.
J’aime mon travail, vraiment, malgré certaines frictions.
J’aime danser seul en slip dans mon salon, j’aime cuisiner, j’aime voir mon corps changer sous l’effet du sport, j’aime lire l’intégrale de Limonov, j’aime ne rien faire et regarder le paysage. Mais je n’ai plus envie d’en parler à tout bout de champ.
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2012-04-15
Tartelettes au chocolat. Pavot, sésame, corn-flakes, piment d’Espelette. (Pris avec instagram)
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2012-03-17
Samedi matin, jus de clémentines, mini-viennoiseries, genmaicha. Je lis M, le magazine du Monde. Très chouette papier de Marc Beaugé; le voici reproduit.
“Comme s’il ne leur suffisait pas de collectionner frénétiquement les vêtements à la mode, certains jeunes gens, filles ou garçons, semblent s’évertuer à les arborer tous au même moment, accumulés sur la même silhouette. Autant dire qu’ils ajoutent le mauvais goût à la bêtise. Car le it-bag de la saison ne se marie généralement pas avec les it-shoes de la saison. Pas plus que la it-girl de la saison ne convole généralement avec le it-boy.
Avec la barbe, la mèche et les lunettes à branches épaisses de type Ray-Ban -Wayfarer, toutes les trois devenues ces dernières années de véritables marqueurs du cool, c’est exactement la même histoire. Pris individuellement, ces ornements faciaux ont du sens car, chacun à leur façon, ils donnent du caractère et du relief à un visage, en contribuant à le structurer, à l’habiter ou à l’assombrir. Mais dès qu’ils se retrouvent agglutinés sur un seul et même visage, ils tendent à le submerger, laissant apparaître une nuisible impression de trop-plein.
Pour mieux mesurer l’effet visuel d’une telle accumulation d’accessoires, le plus efficace est encore d’imaginer un cocktail, disons une piña colada, et de se figurer que l’on y ajoute, outre une paille, une ombrelle rose en papier de soie, une brochette de fruits, une grande touillette en plastique, et tiens, pourquoi pas, une rondelle d’ananas ? Ainsi accessoirisée, la piña colada n’aura pas seulement vilaine allure, elle n’aura plus vraiment le goût de la noix de coco et deviendra carrément suspecte.
Equipé d’une paire de lunettes et d’une barbe, une mèche de cheveux sur le front ou dans les yeux, n’importe quel homme aura, sur le même principe, tendance à s’effacer, et à perdre sa saveur. A l’instar de l’homme recouvert de bandelettes blanches, il deviendra invisible et laissera même penser qu’il cache quelque chose de grave. Peut-être une vilaine maladie de peau ? Ou une grande timidité, voire carrément une difficulté à s’assumer en public ? En tout état de cause, l’homme planqué derrière ces accessoires ne pourra cacher son ignorance en matière d’élégance, celle-ci consistant à écrémer, bien plus qu’à accumuler…
Le cumul des ornements faciaux s’avérant encore moins recommandable que le cumul des mandats, il y a donc urgence à arbitrer entre barbe, mèche et lunettes. Si le plus sûr est certainement de se contenter d’un seul de ces trois éléments, il est possible d’en combiner deux.
Ainsi barbe et mèche passeront très bien ensemble. Lunettes et barbe aussi. En revanche, la combinaison d’une paire de lunettes et d’une grosse mèche de cheveux tombant dans les yeux ne fera probablement pas grand sens d’un point de vue purement ophtalmologique.”
(A toutes fins utiles, je tiens à préciser que je fais partie de la catégorie barbe et lunettes only)
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2012-03-11
Quelle semaine mes aïeux, quelle semaine. Un nouvel amoureux, du boulot en cascade, et toujours les amis. C’est pour ça que je me retrouve seul, un samedi soir, et que ça va à peu près bien.
Vendredi soir, dure séance de sport, boue, pompes, pentes. Le temps de rentrer, de prendre une douche, faire des pommes de terre aux harengs, et lire le Monde Magazine que mon amoureux arrivait avec de la Leffe. Il me dit que je suis beau, et moi, tellement je le trouve beau, je n’ose pas le lui dire. On écoute Grace Jones, Joan Baez et Madonna. Il veut me voir danser, je n’ose pas danser devant lui, seul. J’ai de plus en plus peur de ne pas oser. Il rentre chez lui. Soit. C’est toujours un peu frustrant, mais pas si bête. Il ne se rend que plus désirable.
Le lendemain, avec ma nouvelle coloc, journée chez Ikea. Crevant. A 20h ma soeur, son mari et son fils viennent pour dîner. Nous rentrons à 19h30. Je me sens sale, je n’ai rien préparé et je n’ai même pas fait les courses. Dieu merci, Steph me téléphone à 18h30 en me demandant “ce que je fais ce soir”. Je la convie au repas. Parfaite, elle me propose immédiatement une idée de menu, fait le point sur les ingrédients et propose même d’en ramener. Ce sera soupe à l’oignon, poulet et légumes improvisés (c’est flou, et ça le restera, même au goût) et pâtisseries orientales. A 20h30 tout le monde arrive en même temps. Steph prend le repas en main et inaugure ma fabuleuse cocotte Le Creuset bleu marine. Tout le monde part et je vais rejoindre Jean-Gui au Tango. On passe la soirée avec le beau Fabien et sa copine Brigitte.
Dimanche, France-Irlande avec Elise. A la sortie du match, vent froid et pluie battante. Pas de parapluie, 40 minutes pour atteindre le RER. Avant de partir mon amoureux m’avait proposé une troisième mi-temps. J’ai évidemment accepté. Puis, en y repensant, lui propose de venir chez lui, où je ne me suis jamais rendu. Il vit à Versailles, au domicile familial, ça n’aide pas. Il avait l’air ravi que je lui propose. Donc, je rentre chez moi prendre une douche, me changer, préparer mes affaires à prendre pour le lendemain (costume et affaires de sport, j’avais l’impression de déménager), acheter de la Leffe - notre truc - et vite prendre le train pour Versailles. Dans le train j’étais assez excité de découvrir l’endroit où il vit. Ce petit trajet initiatique de 12 minutes entre Montparnasse et Versailles Chantiers était le bienvenu. Il m’attendait à la gare, puis une fois chez lui m’a préparé une purée de pommes de terre. J’adore ça. Mais j’avais peur qu’il me fasse la même purée que Thierry. La purée de Thierry, c’est la meilleure du monde. Une orgie de crème, et ces petits bouts de peau craquants. Je me souviens encore de Steph en train de me dire “Tu dis que tu vas le quitter, et hop, il va te faire de la purée, et tu vas rester.” Dieu merci, sa purée n’a rien à voir. Beaucoup plus ferme, sans crème et avec du Viandox. Lui a pris un boudin blanc, et moi une Morteau. Sur son chevet, le Journal d’un raté de Limonov. C’est moi qui lui en ai parlé, je suis content. Content, curieux et un peu nerveux. Ce sera notre première vraie nuit. Le lendemain matin, je nous ai trouvés beaux, cravatés en train de petit-déjeuner dans le vaste salon-salle à manger de la maison cossue. Tout ce que j’ai toujours rejeté pour mon avenir - la vie en couple dans une maison de banlieue - m’est soudain apparu excitant et agréable.
Lundi soir. Boue, pompes, pluie, vent. Mais la nuit précédente ma donné des ailes. Je me rends en vélib’ chez Steph, Madonna dans les oreilles, pour notre soirée Top Chef. Je prends une rapide douche et en me séchant, face au miroir, je me sens bien. Je me sens ferme, désirable, heureux. Steph nous fait de la raie au beurre et une purée de potimarron. A chaque fois que je mange de la raie, j’ai en tête Chambre 33 de Juliette Gréco, cette fois-là n’a pas fait exception.
Mardi soir, mon ami Gilles vient dîner à la maison. Dans le taxi, la veille, j’avais élaboré mon menu. Velouté d’épinards à la poire, lapin à la moutarde, cake au citron et au pavot bleu. Il doit arriver à 20h15, je commence à cuisiner à 19h30. Il faut être organisé. Je commence par le cake, il cuira. Puis le velouté, il refroidira sur le balcon. 20h début de préparation du lapin. Gilles est diablement ponctuel mais casse sa bouteille de Madiran dans le hall. Serpillère, seau, balai, bouts de verre et odeur de vinasse. Lapin sur le feu. Stress. Finalement, tout va bien. On passe une excellente soirée, mais au moment de m’endormir, je commence à sentir la fatigue qui s’accumule. Et demain, je suis de garde. 9h30 - 23h.
Mercredi, Dieu merci, une garde calme. Je mange à la Brasserie tout seul. Filet de canette laquée et tarte aux agrumes. Je rentre épuisé.
Jeudi. C’est son anniversaire. C’est toujours délicat en début de relation. Acheter un cadeau ? Un petit, un gros ? Je lui souhaite, on s’occupera du matériel ensuite. J’ai envie de lui offrir un gros, mais j’ai peur de faire un geste déplacé, démesuré, qui l’effraie. En attendant, journée marathon entre mes deux hôtels, expo Vuitton-Jacobs à l’heure de déjeuner, que je saute. Le soir, pot dans mon ancienne agence. Je suis heureux d’être invité à tous leurs pots. Comme d’habitude, à 22h, je suis déjà ivre de Champagne et danse dans mon ancien open-space sur du Bonnie Tyler.
Vendredi, affreusement fatigué. Je prends mes billets pour New-York, en mai. Je lui propose d’aller se mettre au vert ce week-end, Chantilly, Rambouillet, Fontainebleau, wherever he wants. Anniversaire en famille, il ne peut pas. Il me propose le soir même. J’avais prévu de rattraper Borgen sous la couette dès 20h30. Mais je ne peux rien lui refuser. Je lui propose le Glou, mon restaurant préféré. Je fais l’impasse sur le sport et rentre me changer, essayer de me faire beau, malgré la fatigue. On boit un verre rue des archives, il me dit que je suis beau, encore. Je n’y arrive pas. J’ai construit tout mon rapport aux garçons sur mon côté spirituel et jamais par rapport à mon physique. Dans sa perception, cela semble inversé. J’ai peur de lui plaire davantage physiquement. C’est absolument absurde. Je suis bien plus spirituel que beau. Mais bon, ça fait toujours plaisir. Surtout que lui est beau à crever. La preuve dans les minutes qui suivent : à côté de nous, au Glou, deux potes pédés trentenaires. Dix minutes après notre arrivée, l’un d’eux essaie de le prendre en photo discrètement. Malheureusement pour lui, avait avait oublié de désactiver le flash de son iPhone. Il prend la saucisse et l’aligot, je prends la pintade, diablement bien cuite. On marche un peu, puis on rentre chacun chez soi. J’ai envie d’aller beaucoup plus loin avec lui. Faut juste que j’arrête d’avoir peur.
Me voilà donc ce soir, seul, écoutant Nana Mouskouri en train de cuisiner un lapin aux poires (oui, j’ai quelques ingrédients phares en ce moment). Heureux !

